Neoplatonic Sun, author unknow, domaine public.

 

 

 

Le poème que je vais vous présenter appartient à la section « Vaines, amours vaines » du Pavillon mélancolique. Il se situe à la fin de cette section et annonce la section suivante intitulée «  La perte, ô vie sans contours ».

 

 

 

La vie sourde _ absence 3 _



La vie, sourde, ne sourcille pas, est irrécusable.

Une page qui trahirait son silence,

n’y survivrait pas, et ses yeux désolés

ne dévoileraient qu’une nuit sans fin

sur la surface plane du vide.



Si le Soleil a vécu La Chute

irrémédiable de la succession des pas,

il demeure l’Impossible ;

impassible regard de feu

voilé par les pluies et les vents violents.



Et nos yeux, obstrués

par l’asservissement de la conscience aveugle,

face aux incessants mouvements du temps et de l’espace,

n’atteignent jamais la vérité en face et sans masque.

 

 

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Le Soleil, NASA, domaine public

 

 

 

 

Commentaire :


Ce texte fait référence à la difficulté de trouver le Sens de l'existence ici-bas ; cette difficulté étant liée à l'échec à priori de l'amour réel :


« La vie » sur terre est « irrécusable », elle s'impose à nous dès lors que nous naissons, elle ne peut être reniée, effacée,  si ce n'est pas la mort. Cependant elle est comme « sourde », elle ne nous parle pas, ne dit rien de son sens, tels les arbres, les montagnes qui se contentent d'être sans faire sens. Après, nous pouvons tenter, par anthropomorphisme, de faire parler les arbres, mais cela ne reste, à mon avis qu'une projection de l'Homme.


Il existe certainement un Sens mais le poète ne peut le dévoiler autrement qu'en disant La Nuit, le Silence, donc il ne peut, dans l'absolu, pas le dire.

C'est que l'origine de tout « Le Soleil », « l'Impossible », qui fut d'abord « un » et absolument indivisible, s'est éclaté en multiplicités, est devenu temps, « succession des pas », et mouvements. Et il semble difficile pour l'humain qui n'est qu'une infime partie du tout, lui-même divisé intérieurement, de voir la Vérité : ses yeux sont « obstrués par la conscience aveugle ».


Dès lors que l'humain a conscience d'être, c'est qu'il est séparé du grand Tout, qu'il est devenu multiplicité. Alors l'Amour, l'Union originelle sont perdus. On peut  comparer l'humain à l'enfant qui, à la naissance, ne fait plus un avec sa mère, sa matrice, mais se sépare d'elle pour exister, venir au monde.  C'est aussi la raison pour laquelle, nous ne pouvons refaire le chemin inverse sans devenir absolument muet et vidé de notre conscience qui nous sépare de notre origine.

 

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