Connaissez-vous ROGER GILBERT-LECOMTE ? C'est  un ami de René Daumal, avec qui il a fondé la revue du "Grand Jeu" vers 1928-1929.

Voici un de ses poèmes, tiré du recueil Poèmes et chroniques retrouvés :

 

          "Les quatre éléments

 

Si je dis Feu mon corps est entouré de flammes

Je dis Eau l'océan vient mourir à mes pieds

 

Vaisseau vide immergé dans un cristal solide

Creuse momie aux glaces prise et je dis Air

 

Terre et le naufragé prend racine et s'endort

Sous les feuilles au vent de l'arbre de son corps

 

De sa bouche le songe engendre un rameau d'or

De sa bouche terreuse expirant ses poumons

Retournés vers le ciel tournante frondaison

 

Moisson rouge au Soleil de minuit et de mort. "

 

J'espère que ce poème ne vous semblera pas trop hermétique.

Personnelement, ce qui me touche dans ce texte c'est surtout la beauté et

le pouvoir d'évocation de certains images ( par exemple strophes une et deux).

 

Remarquons également l' antithèse ( "Soleil de minuit") qui évoque la dualité inséparable de l'univers ( noir-blanc, nuit-lumière. Le poète se réalise en "englobant" et dépassant cette dualité.


Le poète semble vouloir dire que sa parole suscite les éléments évoqués.

 

 

Les quatre éléments html 365ed85c

Diagramme de Byrthferth : les mystères de l'univers. Adam (centre), les quatre points cardinaux (nord à gauche), les quatre éléments (terre, eau, air, feu), les quatre saisons et les quatre âges correspondants de la vie, et enfin les douze signes du zodiaque. Byrthferth de Ramsey, Enchiridion, XIe siècle - manuscrit : Angleterre, vers 1080

Auteur anonyme.

Autorisation : public domain

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