Verdun est une ville de Meuse (55) qui organise chaque année un spectacle sons et lumières sur la guerre 14-18.

Ce spectacle m'a inspiré un texte sans originalité mais à travers lequel j'ai tenté de m'approprier le sentiment de ceux qui voyaient partir leurs frères, leurs fils pour la bataille de Verdun. Savaient-ils alors ce que devaient endurer ces soldats ? J'ai essayé d'imaginer ce que j'aurais ressenti si mon frère (pardonne-moi mon frère) était parti faire cette guerre. ( ou toute autre guerre d'ailleurs)

 

Ce texte fait partie de la section Cauchemars de mon recueil :

 

" Vieille oraison :

 

Mon frère,

Tu pars,

 Epars,

 

Tel l'air.

 

L'aube alourdie

De brume pâle

T'entoure, châle

Frêle engourdi,

 

Avalé par le train

Mort. Le fusil serein

Plaqué contre ta hanche

Insulte l'âme blanche.

 

 Les tranchées enterrent tes cris.

Les lunettes fichées de bris

D'obus décomposent ta vue,

Perdue entre oublis et revues.

 

Vulnérable lors des marches forcées

Par des cadavres d'amis renforcé

Tu vis d'effroi, terré en citadelle.

Ô mon refuge dévasté ma tourelle

 

 

Pendue ! Le vent sème la laideur abyssalle

De tes jours tes yeux anéantis, le vent sale

Sans chemin triture le désarroi immense.

Toi, tu n'es plus là pour écouter sa démence. "

 

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                                                                                      * * * * * * * *

 

 

Vous allez peut-être vous dire : "encore un texte sur cette guerre !!!"

Je sais on en a tant parlé et on continue d'en parler et puis, il y a bien d'autres guerres à évoquer.

 

Pardonnez-moi il fallait que cette tristesse soit dite.

 

Et pourtant, cela a-t-il suffit ?

 

Je repense à un souhait que Maupassant exprimait à la fin de la

 nouvelle réaliste "La folle" (Les contes de la bécasse) qui évoque un épisode de la guerre de 1870. Il disait :

"J'ai gardé ce triste ossement. Et je fais des voeux pour que nos fils ne voient plus jamais de guerre."

 

Maupassant, pourvu que tes yeux se soient bien fermés  après ton grand départ.

 

Mais, les notres, nos yeux à nous qui sommes vivants, doivent-ils se fermer ? Je ne pense pas cependant qu'il faille se flageller en rabâchant sans arrêt ces tristes épisodes. Peut- être faut-il au contraire  garder un souvenir vivant en se comportant dignement chaque jour.  Je sais combien il est difficile de n'être point le vecteur de la haine. Mais il est infiniment plus enrichissant de se faire le chantre vivant et agissant de la paix....

 

Tous ces grands mots ne sont rien si dans cinq minutes je me surprends à me comporter comme une c****** avec mes proches.             

 

 


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