Bonjour à tous,

 

Un commentaire posté sur l'article "Partir" ainsi qu'un autre sur celui de la dernière discussion ( "Le poète, une lumière dans le monde") m'ont poussée à me poser cette question et à la livrer aux crocs avides de vos esprits :

 

Comment le poète peut-il véhiculer l'Amour autour de lui et de quel  Amour s'agit-il ?

 

Pour lancer la réfléxion, je proposerai tout d'abord le texte d'un poète si cher à nos coeurs - pour la plupart d'entre nous du moins     : $                    :

 

        

               "Par les soirs bleux d'été, j'irai dans les sentiers,

                Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :

               Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds,

               Je laisserai le vent baigner ma tête nue.


               Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

               Mais l'amour infini me montera dans l'âme,

               Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,

              Par la Nature, -heureux comme avec une femme."


Rimbaud, " Le cahier de Douai", Poésies, 1870.

 

 

 

D'après ce poème,  l'Amour serait un état d'union parfaite avec le monde ( la Nature ), un état où l'on contemple, sent et savoure la beauté des choses.


Cette union parfaite se traduit ainsi :  le poète marche "tête nue" et aussi pieds nus ( puisqu'il sent la fraîcheur de l'herbe). De plus, il ne pense ni ne parle, ce qui indique que rien ne le sépare de la Nature, pas même sa conscience, il ne fait qu'un avec elle "comme avec une femme".

 

Et vous, vous êtes-vous déjà promené ainsi dans la Nature, et avez-vous ressenti cette sensation irremplaçable de bien-être, et cette bienveillance envers la moindre chose que vous entendiez ou voyiez ( un arbre, un oiseau, un brin d'herbe ) ???

 

Certains paysages ne sont-ils pas magnifiques et ne donnent-ils pas tout simplement envie d'aimer ? N'avez- vous pas envie de vous faufiler dans ce petit sentier entre les parcelles de ce champ de blé, de respirer l'odeur de l'herbe d'été et d'admirer ce ciel superbe ?

 

 

 

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Claude Monet, Champ de blé, 1881

Domaine Public.

 

 

 

Conclusion n°1 :   Aimer c'est admirer, c'est savourer, sans laisser d'empreinte. Le poète pourrait véhiculer l'Amour de la Nature par ses poèmes, en louant la Nature, en suggérant l'union avec elle, le sentiment de liberté qu'elle procure dans ses poèmes. Après, il est important de voir ce qu'on entend par Nature.

 

 

Problème

( j'apprécie beaucoup l'idée et je la partage. Cependant, la seule chose qui me gêne, c'est que Rimbaud ait traduit ces paroles par des actes qui s'y opposaient : n'a-t-il pas été, aussi, marchand d'armes ?)

 

 

 

 

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