Je vous présente maintenant le quatrième poème de la section " La perte, ô vie sans contours".

 

En concordance avec le thème général de la section ( la perte des repères, du sens, de la personnalité) ce texte présente un constat plutôt négatif concernant le pouvoir des mots. L'impossibilité de dire, de conserver un langage ouvert sur la vie est liée au désenchantement  sur le monde humain et à la perte de la mémoire...ou du moins, d'une mémoire qui soit vecteur de réflexion et d'évolution.

 

Le crachoir

 

La saveur âcre des cigarettes brunes,

est ce rien qui reste

par-delà la boue des villes solitaires,

comme la page blanche des fleurs perdues.

 

 

Douleur... de traits sur une page, un poète.

Le culte de la joie fond comme neige sous les crachats.

Le tabac froid de nos rivières sans vie

est ce qui reste de nous.

 

 

Au creux de l'inhumanité bavante,

le coeur est un crachoir vivant

où crèvent les mots que nous rejetons.

 

  

                  Quand l'existence ne semble qu'un désert, les mots n'expriment plus qu'un rejet de l'existence.

                                       Le rôle du poète est de ne pas rester sourd à cette sécheresse du monde,

                                                             et de tenter ensuite de dévoiler l'humanité possible.

Le crachoir
Retour à l'accueil