Le poème que je vais vous présenter est l'avant-dernier poème du recueil ( qui en compte 40 ). Il est tiré de la partie intitulée :

                                                  " De l'Ennui à la percée".

 

Comme l'indique son titre, cette partie est celle de l'Ennui, du Spleen mais aussi celle de la lutte et de la renaissance.

Si Le Pavillon mélancolique est un recueil sombre et très pessimiste ( car il propose en grande partie une vision très négative de l'existence et de l'humain : guerre, solitude, amours manquées... ), c'est paradoxalement et avant toute chose le recueil du Désir et de l'Amour.

 

 

Amour et accablement : car le poète ne peut être indifférent aux souffrances du monde, il est compassion. 

Amour et enthousiasme sacré : car le poète, porté vers un monde meilleur, revenu de l'Enfer des Souffrances qu'il a visitées et éprouvées, veut trouver en lui et en autrui la racine du bien et du bonheur.

 

Désir : car souffrir d'un état des choses, c'est aussi, comprendre en soi que cet état des choses est anormal et qu'il faut souhaiter, vouloir et rechercher autre chose. Trouver la force de se libérer de ce qui nous tue, âme et corps.

 

 

Cette quatrième partie vient donc naturellement à la fin. Après avoir exploré les souffrances, le poète va formuler, cerner l'Ennui ( le désamour, la haine de la vie en son sens fort ) et exprimer le doute, la lutte, le choix d'un combat contre cet Ennui et pour la vie. Le poème qui suit est celui de l'apaisement, car le poète, loin d'avoir terminé sa lutte, a trouvé la ligne à suivre, à fait vaincre  le Désir et l'Amour dans sa conscience.

 

 

                                                                               En Sourdine

 

                                                C'est l'heure brune et grise où tout s'apaise.

                                                           Les arbres ont retenu le soleil,

                                                      Fissurant de noir son disque vermeil,

                                                    Qui lentement éteint toutes ses braises.

 

                                                    Le chant des oiseaux disparaît dans les

                                                      Fourrés fleuris perdant leurs falbalas,

                                                       A l'ombre des foulards tissés par la

                                                        Nuit. Le haut cri du jour est refoulé.

 

                                                      La faune vit, mais les sons agonisent,

                                                      La biche entame un ballet silencieux :

                                                       Un pas, une halte et un saut gracieux...

                                                    Plus rien ne s'entend, pas même la brise...

 

                                                         Déjà, la polaire comme un point d'or

                                                      Luit, la lune gibbeuse met son masque,

                                              Les brumes trop lourdes traînent leurs frasques.

                                                  C'est l'heure brune et grise où tout s'endort

 

En sourdine
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